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Étudier une stratégie argumentative

 
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PES DZ


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MessagePosté le: Jeu 13 Jan - 21:20 (2011)    Sujet du message: Étudier une stratégie argumentative Répondre en citant

Étudier une stratégie argumentative

  Pour les élèves niveau avancé, Langues Étrangères
Le livre scolaire page 100 et 101 (analyse)

  Dans l'optique de l'oral, nous proposons ci-dessous une analyse de la stratégie propre au texte argumentatif, qui impose de considérer l'ensemble des moyens mis au service d'une thèse : système énonciatif, registres employés, organisation des discours. Il s'agit donc d'une véritable lecture analytique du texte argumentatif. C'est à ce travail que nous vous invitons ci-dessous, sous la forme qu'il revêt parfois : une comparaison de deux discours. Commencez par consulter le tableau des types de textes pour vous familiariser avec les caractères des textes argumentatif.    
     
 Lisez attentivement les deux textes suivants : une page célèbre de J.J. Rousseau est confrontée à la réponse que lui fit indirectement Voltaire.    
    
Rousseau :
Discours sur l'origine de l'inégalité (1755)
    
Voltaire :
Questions sur l'Encyclopédie
(1770)
   Le premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d'horreurs n'eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : "Gardez-vous d'écouter cet imposteur ; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne!" Mais il y a grande apparence qu'alors les choses en étaient déjà venues au point de ne plus pouvoir durer comme elles étaient : car cette idée de propriété, dépendant de beaucoup d'idées antérieures qui n'ont pu naître que successivement, ne se forma pas tout d'un coup dans l'esprit humain : il fallut faire bien des progrès, acquérir bien de l'industrie et des lumières, les transmettre et les augmenter d'âge en âge, avant que d'arriver à ce dernier terme de l'état de nature. [...] La métallurgie et l'agriculture furent les deux arts dont l'invention produisit cette grande révolution. Pour le poète, c'est l'or et l'argent, mais pour le philosophe ce sont le fer et le blé qui ont civilisé les hommes, et perdu le genre humain.    
   Ainsi, selon ce beau philosophe, un voleur, un destructeur aurait été le bienfaiteur du genre humain; et il aurait fallu punir un honnête homme qui aurait dit à ses enfants : "Imitons notre voisin, il a enclos son champ, les bêtes ne viendront plus le ravager ; son terrain deviendra plus fertile; travaillons le nôtre comme il a travaillé le sien, il nous aidera et nous l'aiderons. Chaque famille cultivant son enclos, nous serons mieux nourris, plus sains, plus paisibles, moins malheureux. Nous tâcherons d'établir une justice distributive qui consolera notre pauvre espèce, et nous vaudrons mieux que les renards et les fouines à qui cet extravagant veut nous faire ressembler."
   Ce discours ne serait-il pas plus sensé et plus honnête que celui du fou sauvage qui voulait détruire le verger du bonhomme ?
   Quelle est donc l'espèce de philosophie qui fait dire des choses que le sens commun réprouve du fond de la Chine jusqu'au Canada ? N'est-ce pas celle d'un gueux qui voudrait que tous les riches fussent volés par les pauvres, afin de mieux établir l'union fraternelle entre les hommes ?
    
    
       
  Comme dans le cas d'une lecture analytique classique, un certain nombre de questions doivent être envisagées dans un certain ordre. Celles-ci correspondent aux caractères connus du texte argumentatif. Ces étapes doivent constituer les différentes parties, soigneusement rédigées, de votre travail. Ne construisez pas, en effet, un plan qui vous ferait passer en revue les textes l'un après l'autre : il s'agit bel et bien de les comparer !    
     
1) Le système énonciatif :    
- les thèses en présence : formulez-les nettement en faisant apercevoir leur différence radicale. Les deux philosophes utilisent pour l'exprimer un petit mythe fondateur, qui tient donc du récit. Il s'agit d'un apologue. Montrez, là aussi, les différences : une dramatisation évidente, et presque épique, chez Rousseau pour évoquer une cassure originelle (il emploie des temps du passé) ; une narration familière, patriarcale, chez Voltaire pour manifester un projet d'ordre économique (il emploie le futur). Qu'en conclure sur l'opposition des deux hommes et du sens qu'elle prend en plein siècle des Lumières ?    
- qui parle ? à qui ? Les deux textes mettent en scène une situation sous la forme d'un discours rapporté. Vous pourrez commenter avec profit les différences de ces deux discours : au vous employé par Rousseau sur le ton de l'imprécation et de la menace, s'opposent le nous patriarcal de Voltaire puis les trois questions rhétoriques qui appellent l'adhésion du lecteur.    
- le degré d'implication de l'émetteur : les deux textes sont forts différents sur ce point. Si, dans les deux discours, le je est absent, les indices de l'opinion ne manquent pas. Évaluez le degré de certitude en relevant les modalisateurs (ainsi la tonalité exclamative chez Rousseau, le caractère plus posé de l'énonciation chez Voltaire).
Complétez votre analyse par le relevé des évaluatifs : vous pouvez observer leur nette valeur polémique (la violence et la solennité des termes chez Rousseau ; l'ironie de Voltaire et l'opposition nette qu'il ménage, dans sa stratégie de réfutation, entre les termes laudatifs et péjoratifs).
    
  Faites un petit bilan intermédiaire de vos remarques : caractérisez nettement l'opposition idéologique des deux philosophes.
    
 
2) les registres :    
- la nature du vocabulaire : dans les deux textes, les termes ont un évident registre moral. Dans quel texte cette tonalité est-elle la plus austère et la plus violente? Dans quel texte, ce vocabulaire marque-t-il au contraire un effort de simplicité et de réalisme ? Pourquoi ?
- la syntaxe : commentez la nature de la phrase dans les deux textes (ampleur et rythmes ternaires, par exemple, chez Rousseau ; phrases courtes, au contraire, et interrogations oratoires de Voltaire).
    
Qu'en conclure sur les tons employés ? Comment qualifieriez-vous chacun de ces registres (reportez-vous à l'analyse du registre dans la partie concernée) ? Reliez votre observation avec ce que vous aurez pu noter précédemment des deux thèses en présence et de l'opposition des deux philosophes :ainsi vous pouvez mettre en valeur le caractère dogmatique et destructeur de l'argumentation de Rousseau ; l'allure plus pragmatique et constructive de celle de Voltaire.
    
3) l'organisation :    
- montrez que Voltaire calque l'organisation de son argumentation sur celle de Rousseau. Pourquoi ?    
- quel est le type de raisonnement employé (reportez-vous aux types d'arguments)? Quelle place occupe le récit proprement dit dans l'argumentation ? Doit-on parler d'induction ou de déduction dans le dégagement de la leçon finale ?    
Vous pourrez, ici encore, formuler nettement un bilan de vos remarques avant de tirer parti de tous vos bilans précédents dans la conclusion. Celle-ci doit aussi vous permettre de juger plus personnellement les thèses et de manifester votre préférence pour l'une ou l'autre. Vous pouvez, pour cela, évoquer la postérité de ces thèses et distinguer celle qui a prévalu.
    
 
FICHE PRATIQUE : les questions à poser au texte argumentatif    
La situation de communication : 
  • qui parle ? à qui ?  (degré d'implication de l'émetteur et du récepteur : modalisateurs et évaluatifs)
  • de quoi ? (identifier la ou les thèses en présence)
  • pourquoi ? (convaincre ou persuader ?)

Les registres : 
  • nature du vocabulaire
  • caractères de la syntaxe (phrase, tournures)
  • caractérisation du registre.

L'organisation :
  • type de raisonnement employé (types d'arguments, nature des exemples)
  • nature du plan (étude des connecteurs logiques).
 
Vous pourrez examiner un autre exemple de lecture analytique du texte argumentatif sur la page que nous consacrons à la Lettre sur la Providence de Jean-Jacques Rousseau.
  Nous vous invitons enfin à récapituler les outils argumentatifs que nous avons étudiés pour examiner la stratégie employée par Rousseau dans le texte ci-dessous :
    
    
Jean-Jacques ROUSSEAU     Lettre à Mme Dupin de Francueil  (20 avril 1751)
  Accusé par ses ennemis d'avoir abandonné ses enfants, Rousseau soutient dans les Confessions « qu'en [les] livrant à l'éducation publique, faute de pouvoir les élever [lui]-même, en les destinant à devenir ouvriers et paysans, plutôt qu'aventuriers et coureurs de fortunes, [il] cru[t] faire un acte de citoyen et de père ». C'est dans ce sens qu'il écrit cette lettre à Mme de Francueil. Mais un passage d' Émile ou De l'éducation, en 1762, révèle que le débat dut être en lui plus cruel qu'il ne le laisse entendre : « Celui qui ne peut remplir les devoirs de père n'a point le droit de le devenir. Il n'y a ni pauvreté, ni travaux, ni respect humain, qui le dispensent de nourrir ses enfants et de les élever lui-même. Lecteurs, vous pouvez m'en croire. Je prédis à quiconque a des entrailles et néglige de si saints devoirs, qu'il versera longtemps sur sa faute des larmes amères, et n'en sera jamais consolé » (livre IV).    
l'entrée en matière est ferme et provocante. La thèse est annoncée : repérez la phrase qui l'exprime. L'ensemble de la lettre la validera dans une organisation très rigoureuse :
    
premier argument : montrez comment Rousseau revendique ses choix au nom de la dignité humaine. Quels procédés marquent le caractère intolérable de la situation envisagée ?
    
     
deuxième argument : montrez que Rousseau utilise toutes les ressources du registre pathétique.
    
     
troisième argument : Rousseau prévient les objections. Le plaidoyer devient réquisitoire. Montrez ici la mobilisation des moyens polémiques.
    
     
  quatrième argument : Rousseau s'emploie à dissiper de manière injonctive la connotation péjorative des mots «Enfants-Trouvés». Le propos s'élargit subtilement jusqu'à un véritable projet d'éducation !
    
     
     
     
  Oui, madame, j'ai mis mes enfants aux Enfants-Trouvés; j'ai chargé de leur entretien l'établissement fait pour cela. Si ma misère et mes maux m'ôtent le pouvoir de remplir un soin si cher, c'est un malheur dont il faut me plaindre, et non un crime à me reprocher. Je leur dois la subsistance; je la leur ai procurée meilleure ou plus sûre au moins que je n'aurais pu la leur donner moi-même; cet article est avant tout. Ensuite, vient la déclaration de leur mère qu'il ne faut pas déshonorer.
  Vous connaissez ma situation; je gagne au jour la journée mon pain avec assez de peine; comment nourrirais-je encore une famille ? Et si j'étais contraint de recourir au métier d'auteur, comment les soucis domestiques et les tracas des enfants me laisseraient-ils, dans mon grenier, la tranquillité d'esprit nécessaire pour faire un travail lucratif ? Les écrits que dicte la faim ne rapportent guère et cette ressource est bientôt épuisée. Il faudrait donc recourir aux protections, à l'intrigue, au manège; briguer quelque vil emploi; le faire valoir par les moyens ordinaires, autrement il ne me nourrira pas, et me sera bientôt ôté; enfin, me livrer moi-même à toutes les infamies pour lesquelles je suis pénétré d'une si juste horreur. Nourrir, moi, mes enfants et leur mère, du sang des misérables ! Non, madame, il vaut mieux qu'ils soient orphelins que d'avoir pour père un fripon.
  Accablé d'une maladie douloureuse et mortelle, je ne puis espérer encore une longue vie; quand je pourrais entretenir, de mon vivant, ces infortunés destinés à souffrir un jour, ils payeraient chèrement l'avantage d'avoir été tenus un peu plus délicatement qu'ils ne pourront l'être où ils sont. Leur mère, victime de mon zèle indiscret, chargée de sa propre honte et de ses propres besoins, presque aussi valétudinaire, et encore moins en état de les nourrir que moi, sera forcée de les abandonner à eux-mêmes ; et je ne vois pour eux que l'alternative de se faire décrotteurs ou bandits, ce qui revient bientôt au même. Si du moins leur état était légitime, ils pourraient trouver plus aisément des ressources. Ayant à porter à la fois le déshonneur de leur naissance et celui de leur misère, que deviendront-ils ?
  Que ne me suis-je marié, me direz-vous ? Demandez à vos injustes lois, madame. Il ne me convenait pas de contracter un engagement éternel, et jamais on ne me prouvera qu'aucun devoir m'y oblige. Ce qu'il y a de certain, c'est que je n'en ai rien fait, et que je n'en veux rien faire. « Il ne faut pas faire des enfants quand on ne peut pas les nourrir. » Pardonnez-moi, madame, la nature veut qu'on en fasse puisque la terre produit de quoi nourrir tout le monde; mais c'est l'état des riches, c'est votre état qui vole au mien le pain de mes enfants. La nature veut aussi qu'on pourvoie à leur subsistance; voilà ce que j'ai fait; s'il n'existait pas pour eux un asile, je ferais mon devoir et me résoudrais à mourir de faim moi-même plutôt que de ne pas les nourrir.
  Ce mot d'Enfants-Trouvés vous en imposerait-il, comme si l'on trouvait ces enfants dans les rues, exposés à périr si le hasard ne les sauve ? Soyez sûre que vous m'auriez pas plus d'horreur que moi pour l'indigne père qui pourrait se résoudre à cette barbarie : elle est trop loin de mon cœur pour que je daigne m'en justifier. Il y a des règles établies ; informez-vous de ce qu'elles sont, et vous saurez que les enfants ne sortent des mains de la sage-femme que pour passer dans celles d'une nourrice. Je sais que ces enfants ne sont pas élevés délicatement : tant mieux pour eux, ils en deviennent plus robustes; on ne leur donne rien de superflu, mais ils ont le nécessaire; on n'en fait pas des messieurs, mais des paysans ou des ouvriers. Je ne vois rien, dans cette manière de les élever, dont je ne fisse choix pour les miens. Quand j'en serais le maître, je ne les préparerais point, par la mollesse, aux maladies que donnent la fatigue et les intempéries de l'air à ceux qui n'y sont pas faits. Ils ne sauraient ni danser, ni monter à cheval; mais ils auraient de bonnes jambes infatigables. Je n'en ferais ni des auteurs ni des gens de bureau; je ne les exercerais point à manier la plume, mais la charrue, la lime ou le rabot, instruments qui font mener une vie saine, laborieuse, innocente, dont on n'abuse jamais pour mal faire, et qui n'attire point d'ennemis en faisant bien. C'est à cela qu'ils sont destinés; par la rustique éducation qu'on leur donne, ils seront plus heureux que leur père.
    
 QUESTIONS :    
1. Reformulez chacun des quatre arguments.
2. Récapitulez les procédés par lesquels l'auteur les modalise.
3. La fin de cette lettre fait penser à la page célèbre d'Émile ou De l'éducation (livre IV) où Rousseau se laisse aller à une rêverie fertile : que ferait-il s'il était riche ? Après avoir défini le cadre matériel de son bonheur, il en vient à imaginer l'espèce de société qu'il réunirait autour de lui. C'est l'occasion, dans une petite utopie, de définir en termes simples un véritable contrat social que vous pourrez expliciter en le rapprochant de la fin de la lettre précédente :
    
  Là, je rassemblerais une société, plus choisie que nombreuse, d'amis aimant le plaisir et s'y connaissant, de femmes qui pussent sortir de leur fauteuil et se prêter aux jeux champêtres, prendre quelquefois, au lieu de la navette et des cartes la ligne, les gluaux, le râteau des faneuses, et le panier des vendangeurs. Là, tous les airs de la ville seraient oubliés, et, devenus villageois au village, nous nous trouverions livrés à des foules d'am    

_________________
Je ne sais pas grande chose, mais le peu que je sache je le partage


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MessagePosté le: Jeu 13 Jan - 21:20 (2011)    Sujet du message: Publicité

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